3 févr. 2008

Google peut sabrer le champagne.

C'était la nouvelle du mois voire de l'année vendredi dernier: Microsoft rachète Yahoo pour 30 milliards d'euros environ.
C'est la 1ère très grosse acquisition de Microsoft, qui devrait d'ailleurs être rebaptisé Macrosoft vu sa taille ...

Les spéculations courent un peu partout désormais: Ensemble ils auront tant de % dans le recherche, domineront le marché du mail grand public et du mail d'entreprise, ... Bref Google va souffrir.

On nous fait le coup à chaque rachat d'envergure: Part de marche1 + part de marché 2= Part de marché 1+2 et c'est génial.

Dans la pratique, 92 % des rachats et ou de fusion d'entreprises de grande taille échouent. Microsoft a donc statistiquement 1 chance sur 12 de sabrer le champagne, et Google 11 chances sur 12 de le sabrer, puisque sans débourser un sous, il vient sans doute de supprimer 2 de ses concurrents...

Mais ce n'est pas tout. Les 8 % de réussite dans les fusions à grande taille nécessitent à la fois:
* Du temps (minimum 2 ans si l'entreprise est de taille relativement modeste (on peut considérer que c'est le cas de Yahoo) et sans forte culture spécifique (Yahoo ?) et au maximum une quinzaine d'année (le temps qu'une nouvelle génération post fusion vienne au commande),
* Une certaine paralysie: Le temps de passer en revue tous les projets, supprimer les doublons, ... Projets stoppés et équipes démotivées.

Et ces 2 facteurs font qu'en dehors du domaine particulier de la biotechnologie, les fusions entre entreprises high tech sont à de rares exceptions près, toujours des échecs (le % de réussite est de moins de 1 %).
Evidemment, elles sont parfois maquillées en succes, comme la fusion entre HP et Compacq, désormais numéro 1 mondial (mais c'est oublier que le jour de la fusion ils étaient numéro 1 mondial, 1 an plus tard numéro 2 avec 15% de part de marché de moins dque Dell, et qu'il leur a fallu 5 ans et pas mal d'erreurs de Dell pour redevenir numéro 1). De même Alcatel et lucent plus près de chez nous.

Bien entendu, Google devrait logiquement protester et tout faire pour que l'opération soit encore plus compliquée (obligation de se délester de nombreuses activités, ...) voire plus chère, histoire de bien désorganiser ces concurrents. Une grossière erreur de débutants serait de contre-attaquer (mais ont ils assez d'expérience ?).
Pour qu'un rachat réussisse, mieux vaut cibler des sociétés de petites tailles, comme de jeunes start-ups, dont la culture d'entreprise n'est pas encore trop forte, dont les effectifs sont faibles (et donc dont l'intégration peut être mieux suivie) et qui sont souvent favorables à un rachat.
A ce propos, notre service de production vidéo est très prometteur ... Et on se vend pour 1% à peine de la somme proposée par Microsoft à Yahoo ... Qu'on se le dise!

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